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GUILLAUME GARDET
Avocat médiateur - Docteur en droit

Le Cabinet Guillaume GARDET est un cabinet d'avocat de tradition généraliste implanté à Lyon dans le Rhône, en Région Rhône-Alpes.

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Vos données de santé à l'épreuve de l'IA et sans qu'on vous demande votre avis ?

Hier
Non seulement vous n'avez pas le choix pour accéder au système de soin, vous devez passer par Doctolib mais en plus ce prestataire a carte blanche pour faire ce qu'il de vos données de santé. Ne serait-il pas temps de réagir ?

Le point sur vos droits, Guillaume Gardet, avocat


Doctolib va utiliser vos données de santé pour entraîner une IA : ce qu'il faut savoir


Si vous utilisez Doctolib, vous avez peut-être reçu un courriel le 8 juillet 2026 vous informant qu'à partir d'août 2026, vos données de santé pourraient servir à un projet de recherche en intelligence artificielle. Sauf si vous vous y opposez, vous êtes inclus automatiquement. Voici, en clair, ce que cela signifie et comment refuser si vous le souhaitez.

Que se passe-t-il concrètement ?

Doctolib ouvre, pour trois ans, un laboratoire de recherche en intelligence artificielle mené avec l'Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité. L'objectif affiché est d'améliorer les parcours de soins grâce à l'IA. Pour cela, vos données de santé — et celles de vos proches rattachés à votre compte Doctolib — pourront être utilisées, sauf si vous refusez expressément.

Est-ce légal ?

Oui, en l'état actuel des informations disponibles. Les données de santé sont normalement protégées de façon renforcée et supposent en principe votre accord explicite. Mais la loi prévoit une exception pour la recherche scientifique d'intérêt public, qui permet de se contenter d'un droit d'opposition plutôt que d'un accord préalable. Doctolib s'appuie sur ce cadre, défini par la CNIL (l'autorité qui protège vos données personnelles).

Attention toutefois : cela ne veut pas dire que la CNIL a examiné et approuvé le projet de Doctolib en particulier. Il s'agit d'un engagement pris par Doctolib lui-même, que la CNIL pourra contrôler plus tard, notamment si des patients se plaignent. Interrogée sur le sujet, la CNIL a d'ailleurs indiqué ne pas être en mesure de se prononcer à ce stade.

Pourquoi certains patients sont réticents

Cette annonce arrive après plusieurs épisodes qui ont écorné la confiance dans la protection des données de santé en France : des fuites de données chez d'autres opérateurs du secteur (Viamedis en 2024, Almerys en 2026), et la révélation qu'un autre outil de Doctolib, un assistant vocal utilisé par certains médecins, alimentait déjà des modèles d'intelligence artificielle. Des associations ont aussi critiqué le principe même du dispositif : un simple courriel suffit-il à informer correctement des dizaines de millions de personnes sur un sujet aussi sensible que leur santé ?

COMMENT REFUSER ?


1.  Connectez-vous à votre compte Doctolib.

2.  Rendez-vous dans la rubrique « Mes préférences ».

3.  Cliquez sur le formulaire d'opposition à la recherche et suivez les instructions.

Vous pouvez aussi écrire directement à dpo@doctolib.fr en demandant l'exclusion de vos données (et, le cas échéant, celles de vos enfants ou proches rattachés à votre compte) du programme de recherche IA. Doctolib doit vous répondre dans un délai d'un mois.

Refuser est gratuit, rapide, et n'a aucun impact sur votre accès aux services de Doctolib ni sur votre suivi médical. En revanche, mieux vaut agir avant l'ouverture du laboratoire de recherche en août 2026 : une fois les travaux engagés, il pourrait ne plus être possible de faire retirer des données déjà utilisées.

Ce qu'il faut retenir

•  Vous êtes inclus par défaut : c'est à vous de refuser, pas à vous d'accepter.

•  Le dispositif est légal, mais n'a pas été validé point par point par la CNIL.

•  Le refus est simple, gratuit, et sans conséquence sur vos soins.

•  Mieux vaut agir avant août 2026 pour être certain que vos données ne soient jamais exploitées.

•  En cas de refus non pris en compte, vous pouvez saisir gratuitement la CNIL.

Article rédigé à titre d'information générale. Il ne remplace pas une consultation juridique personnalisée